Tokens AnonymesEnglish

Tokens Anonymes. Bonjourje m’appelle

et ça faitque je n’ai pas prompté.

Le groupe de parole des gens qui ont déjà dit « encore un prompt et je vais me coucher »… à 3 h du matin.

Faire le testLire les 12 étapes

Ce soir, les partages

On commence par le membre n° 001. Ses chiffres sont réels : ils sortent de son propre journal d’usage, sans un mot de ses conversations.

Entendu à d’autres réunions

Il est 2 h 47, un mardi. Aucune panne en prod, aucune deadline. Je regarde juste Claude Code refactorer un module, et je n’arrive pas à m’arrêter.

Quentin Rousseau, CTO de Rootly (traduit1)

Tellement accro à Claude Code que je suis resté debout 19 heures hier, et je ne me suis couché qu’à 5 h.

Garry Tan, président de Y Combinator (traduit1)

Le code agentique rend accro. Vous allez l’entendre de plus en plus souvent.

Steve Yegge (traduit1)

Les 12 étapes

Adaptées du programme original, avec tout le respect qu’on lui doit. On les lit à voix haute en début de séance.

  1. 1

    Nous avons admis que nous étions impuissants devant le bouton « Envoyer », et que nos nuits étaient devenues ingérables.

  2. 2

    Nous en sommes venus à croire qu’une puissance supérieure à nous-mêmes pouvait nous rendre la raison. Nous avons vérifié : ce n’était pas un modèle plus gros.

  3. 3

    Nous avons décidé de confier notre volonté et notre vie à un réveil, pas à --dangerously-skip-permissions.

  4. 4

    Nous avons fait sans crainte l’inventaire de nos sessions ouvertes : quatre terminaux, deux agents en arrière-plan, et un qui tourne depuis mardi.

  5. 5

    Nous avons avoué à nous-mêmes et à un autre être humain (pas un chatbot) la nature exacte de nos prompts.

  6. 6

    Nous étions prêts à laisser tomber le « dernier prompt et j’arrête ».

  7. 7

    Nous avons humblement demandé à notre cerveau de supporter l’ennui plus de quatre secondes.

  8. 8

    Nous avons dressé la liste de toutes les personnes que nous avions saoulées avec « t’as testé le nouveau modèle ? ».

  9. 9

    Nous leur avons fait amende honorable, sauf quand il aurait fallu écrire le message nous-mêmes.

  10. 10

    Nous avons continué notre inventaire, et quand nous avions tort, nous l’avons admis, au lieu de régénérer la réponse jusqu’à ce que l’IA nous donne raison.

  11. 11

    Nous avons cherché à améliorer notre contact conscient avec le monde réel, celui qui n’a pas de fenêtre de contexte.

  12. 12

    Ayant connu un réveil spirituel (vers 8 h, pour une fois), nous avons essayé de transmettre ce message aux autres prompteurs, en l’écrivant nous-mêmes.

Tu te reconnais ?

Coche ce qui te ressemble. Rien n’est envoyé nulle part : tout reste dans ton navigateur.

Tu te reconnais ?

0 sur 9

Usage récréatif

Ou déni. Dans les deux cas, ta chaise reste libre.

Ce n’est pas un diagnostic. Les 9 questions reprennent la structure des 9 critères de l’addiction aux jeux vidéo, qui sert aussi de base à des échelles de recherche sur l’IA générative4.

Les jetons

En réunion, on reçoit un jeton à chaque palier. Ceux-là se méritent.

  1. 24 heuressans prompt

  2. 7 jourssans agent qui tourne la nuit

  3. 30 jourssans --dangerously-skip-permissions

  4. 1 ansans demander à l’IA si tu es accro

Pour de vrai

Un site parodique, des sources sérieuses. Voilà ce qui tient, et ce qui ne tient pas encore.

Ce qu’on sait

La machine à sous
Un agent réussit parfois, échoue parfois, sans prévenir. C’est le renforcement à ratio variable, le mécanisme qui rend les machines à sous si difficiles à lâcher. Des devs reconnus décrivent exactement ça1.
Le cerveau TDAH
Chez de jeunes adultes avec un TDAH, c’est le rapport à la récompense, et non le déficit d’attention, qui prédit l’addiction à internet. L’étude a suivi 682 personnes dans le temps2.
Les profils connus
Une étude décrit trois façons de devenir accro à un chatbot : le jeu de rôle, le compagnon, le terrier de curiosité3. Il en manque un : le bâtisseur, qui lance un projet par nuit.
L’ordre de grandeur
Une échelle testée sur 1 500 personnes en Chine et aux États-Unis estime l’usage problématique de l’IA générative entre 5 et 10 %4.
L’IA aide aussi
Les personnes TDAH qui parlent de leurs chatbots sur les réseaux en disent surtout du bien6. C’est bien le problème : on ne devient pas accro à ce qui ne marche pas.

Ce qu’on ne sait pas

  • L’« addiction à l’IA » n’est pas un diagnostic reconnu. Des chercheurs contestent même le concept5.
  • Aucune étude ne mesure directement le lien entre TDAH et IA générative. On extrapole à partir d’internet et des jeux vidéo.
  • Un compteur de tokens ne mesure pas une souffrance. 35 milliards de tokens, ça peut aussi être un très bon mois de travail.

Si ce n’est plus drôle

Tu dors mal, tu t’isoles, tu n’arrives plus à t’arrêter même quand tu le veux ? Parles-en à quelqu’un. Un humain.